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Y’a pas de requins dans l’étang

J’ai une peur bleue des requins même quand je nage dans l’étang. Tout ça c’est de la faute aux Dents de la mer. Ce film m’a terrorisée quand j’étais enfant. Mais je suis un peu rassurée. Michel Cantou m’a juré qu’il n’y avait pas de requin dans l’étang. En revanche, les barracoudas aiment de plus en plus nos eaux. Ces monstres peuvent faire 2 mètres mais ils n’attaquent pas l’homme. Je suis rassurée. Pour soigner ma paranoïa, j’ai visité dimanche l’aquarium Mare Nostrum de Montpellier avec mes enfants. Définitivement, je ne veux jamais me retrouver face à l’une de ces bestioles.


Michel Cantou raconte la plongée scientifique

La première fois que je rencontré Michel Cantou, les CM2 de l’école Anatole France le bombardaient de questions. Je l’ai retrouvé à la station biologique universitaire de la Plagette, la SMEL (Station Méditerranéenne de l’Environnement Littoral). Cet ancien champion de France de pêche sous marine est un passionné. Depuis 40 ans, il utilise la plongée en apnée et la plongée scaphandre dans la réalisation de programmes scientifiques en mer et dans l’étang de Thau. Il est aussi formateur subaquatique, instructeur apnée et pêche sous marine. Il forme à l’apnée avec les associations Innovaqua et Trident Sétois. Il a aussi publié un livre sur la plongée en apnée

La plongée scientifique

40 ans de plongée scientifique dans l’étang de Thau

Les hippocampes de thau

Vendredi dernier, sur l’île de Thau, l’association Galapians rencontrait les élèves de CM1-CM2 de l’école Anatole France. Serge, leur instituteur, m’avait accepté dans la classe, en observateur. Les élèves avaient enquêté sur les hippocampes de l’étang et préparé des questions. Michel Cantou, plongeur scientifique de l’Université de Montpellier 2 et auteur d’un livre sur l’apnée, a répondu à leurs questions.

Les enfants m’ont impressionée par leur concentration. Ils ont même oublié la récré ! Leurs questions venaient d’enquêtes qu’ils avaient réalisées seuls ou en équipe dans les mas conchylicoles de la plagette, à la criée ou sur internet.

Grâce à eux, j’ai appris des tonnes de choses.

  1. Deux espèces d’hippocampes vivent dans l’étang : les hippocampes mouchetés au museau court et les hippocampes au museau long.
  2. L’hippocampe est doté d’atouts incomparables pour se protéger de prédateurs et, du coup, n’en a pas vraiment d’attitrés, à part l’homme. Pour se protéger, il prend la couleur du fond marin qu’il habite. Surtout constitué de plaques osseuses, il n’est pas très savoureux. Avec sa queue, il peut s’accrocher aux parois tubulaires des vers qui habitent dans le sable. Si les courants le plaquent au sol, on ne le voit pas car il prend la couleur du sable.
  3. Le male porte les œufs dans une poche ventrale.
  4. Il supporte bien les différences de teneur en sel dans l’eau, d’où sa présence dans l’étang dont la salinité varie rapidement en fonction du temps.

Au fur et à mesure des réponses du chercheur et d’Aura Penloup, directrice des Galapians, le tableau se couvrait de nouveaux mots pour moi : apogon, syngnathe, otolithes, homochromie, homotypie… C’était plus qu’un exercice de français : les enfants découvraient l’approche scientifique, les pièges de l’anthropomorphisme, les limites de nos connaissances actuelles tout en se sensibilisant à un environnement fragile.

Bravo !

Prochaines étapes : lors d’une initiation à la plongée début juin, avec Cathy Serval de l’association Odyssée Sète, les enfants découvriront le lieu de vie des hippocampes, puis ils partageront leurs découvertes avec d’autres classes autour de l’étang. J’ai maintenant envie d’en savoir plus et je contacterai Patrick Louisy, le directeur scientifique de l’association initiatrice du projet hippo-thau.