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Une jolie carte pour un sale problème

Le site de l’IFREMER propose une jolie carte interactive qui simule la propagation des apports en bactéries d’origine fécale dans l’étang de Thau, en cas de fortes pluies. Pour y accéder : cliquez sur la carte ci-dessous, puis utilisez le lecteur média incorporé pour l’animer.

La crise que viennent de traverser les ostréiculteurs de l’étang a été provoquée par une épidémie de gastro en décembre combinée à de fortes pluies qui ont lessivé les sols et fait déborder les bassins de lagunage. Les virus responsables de nos gastros se sont retrouvés dans l’étang. Le coquillage est un magnifique filtre, il mange de tout. Y compris les virus. Consommer un coquillage malade de la gastro vous donnait la gastro si vous ne l’aviez pas déjà. Donc, fermeture de l’étang, interdiction de consommer ses coquillages jusqu’à disparition du virus.

Cette carte m’inspire plus de questions que de réponses :
1. Faut-il complètement proscrire les rejets de matières fécales dans l’étang à l’embouchure de la Vène, au Sesquier, au Pallas, à la Pointe-Courte ? Ou bien est-ce que ces matières fécales font partie des aliments dont les coquillages ont besoin ? Si on supprime ces apports, sait-on si l’étang s’appauvrit considérablement ?
2. Si la volonté politique est de supprimer toute possibilité de contamination virale possible via les rejets de nos WC : quelles sont les solutions possibles ? Peut-on retraiter les eaux pluviales localement et les rejeter propres, sans virus, dans l’étang, pour maintenir le niveau d’apport en eau douce ?
3. Que se passe-t-il à la Pointe Courte ? Il n’y a la bas aucune station de lagunage… ce quartier n’est donc pas relié aux égouts de Sète ? A moins que les apports en matière fécale ne viennent pas de la Pointe Courte, mais d’une usine de la ZA d’à côté ?
4. Les rejets des lagunages semblent un faux problème : les concentrations en bactérie les plus fortes ne sont pas situées là où les lagunages se déversent dans l’étang en cas de forte pluie. Quel est le vrai problème alors ?

Zoom sur la croissance démographique

L’analyse de notre croissance démographique que j’ai publiée ce weekend est incomplète. Je n’ai regardé que les volumes de nouveaux arrivants. En regardant les taux de croissance par ville, un phénomène nouveau émerge : le report des populations vers le nord du bassin de Thau depuis 1982.

Sète a perdu de la population entre 1990 et 1999. Le centre urbain Sète-Frontignan-Balaruc a insuffisamment contribué à l’accueil de population sur les 15 dernières années. Y a-t-il eu absence de politique urbaine ?

C’est le diagnostic qui a été effectué lors des rencontres du SCOT : en l’absence de politique urbaine dans le triangle Sète-Balaruc-Frontignan, le nord du bassin (notamment Gigean, Mèze, Poussan) a accueilli la plus forte croissance démographique. On y constate des taux de croissance parfois supérieurs à 5% par an.

Malheureusement, l’urbanisation a donc porté sur des communes qui rejettaient leurs eaux traitées par lagunage dans l’étang. La lagune a donc été plus maltraitée que si l’on avait anticipé la croissance démographique en organisant un centre urbain entre Balaruc, Sète et Frontignan.

En plus, cette dynamique a surmultiplié les déplacements puisque tous ces résidents des communes du Nord dépendent de centres d’emploi qui sont essentiellement situés entre Sète et Frontignan, ou à Montpellier qu’ils ne peuvent pas rejoindre par train.

Les chiffres bruts peuvent faire dire que Frontignan a été moteur de croissance, mais les taux sont significatifs : c’est Gigean et Poussan et plus généralement les communes périphériques qui sont moteurs de cette croissance et « explosent », déstructurant notre territoire.