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L’étang de lire 2011

Programme très tentant de l’Étang de lire, festival jeunesse du livre et de l’environnement, ce week-end.

J’emmène les enfants ce soir à 17 heures au Château Girard de Mèze, au spectacle Travelling Palace Cirque de la Compagnie Goldini.

Un ami dessinateur, Didier Millotte, illustrera demain dimanche à 11 heures un conte raconté par Hélène Le Gallic de la Compagnie Contatouva.

En route !

Une jolie carte pour un sale problème

Le site de l’IFREMER propose une jolie carte interactive qui simule la propagation des apports en bactéries d’origine fécale dans l’étang de Thau, en cas de fortes pluies. Pour y accéder : cliquez sur la carte ci-dessous, puis utilisez le lecteur média incorporé pour l’animer.

La crise que viennent de traverser les ostréiculteurs de l’étang a été provoquée par une épidémie de gastro en décembre combinée à de fortes pluies qui ont lessivé les sols et fait déborder les bassins de lagunage. Les virus responsables de nos gastros se sont retrouvés dans l’étang. Le coquillage est un magnifique filtre, il mange de tout. Y compris les virus. Consommer un coquillage malade de la gastro vous donnait la gastro si vous ne l’aviez pas déjà. Donc, fermeture de l’étang, interdiction de consommer ses coquillages jusqu’à disparition du virus.

Cette carte m’inspire plus de questions que de réponses :
1. Faut-il complètement proscrire les rejets de matières fécales dans l’étang à l’embouchure de la Vène, au Sesquier, au Pallas, à la Pointe-Courte ? Ou bien est-ce que ces matières fécales font partie des aliments dont les coquillages ont besoin ? Si on supprime ces apports, sait-on si l’étang s’appauvrit considérablement ?
2. Si la volonté politique est de supprimer toute possibilité de contamination virale possible via les rejets de nos WC : quelles sont les solutions possibles ? Peut-on retraiter les eaux pluviales localement et les rejeter propres, sans virus, dans l’étang, pour maintenir le niveau d’apport en eau douce ?
3. Que se passe-t-il à la Pointe Courte ? Il n’y a la bas aucune station de lagunage… ce quartier n’est donc pas relié aux égouts de Sète ? A moins que les apports en matière fécale ne viennent pas de la Pointe Courte, mais d’une usine de la ZA d’à côté ?
4. Les rejets des lagunages semblent un faux problème : les concentrations en bactérie les plus fortes ne sont pas situées là où les lagunages se déversent dans l’étang en cas de forte pluie. Quel est le vrai problème alors ?

Le point sur l’Association pour le Bassin de Thau

Emilie Varaud est la nouvelle coordinatrice de l’Association pour le Bassin de Thau, l’APBT. Je l’ai rencontrée au Sunbeach, sur la plage de Mèze, pour faire le point sur ses projets. Première bonne nouvelle, l’APBT a grandi. Elle regroupe maintenant 15 associations d’environnement, professionnels et clubs sportifs.

Les associations d’environnement : l’ARDAM, les Galapians , l’ADENA , la ligue de Protection des Oiseaux Hérault (LPO 34), Peau – Bleue .

Les professionnels : l’Organisation des Producteurs, la Coopérative des Cinq Ports , la Fédération Départementale Hérault des Centres d’Initiative et de Valorisation de l’Agriculture et du Milieu Rural (CIVAM 34), la Section Régionale de la Conchyliculture en Méditerranée (SRCM), la Prud’homie de Thau et Ingril, les Agents du Littoral Méditerranéen.

Les associations sportives : le Yacht Club de Mèze, la Fédération Française d’Etude et de Sports Sous-Marins (FFESSM), le club de plongée Odyssée Sète.

l’APBT bientôt homologuée CPIE, 5 minutes



Note : Le terme “Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement” (CPIE) est un label créé au début des années 70 par les Ministères de l’Environnement, de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports et de l’Agriculture.

Les trois projets phares, 8 minutes



Pour en savoir plus sur les balades à la découverte du bassin de Thau organisées tout au long de l’été, rendez-vous début du mois de juillet dans les syndicats d’initiatives des villes de Thau.

Les hippocampes de thau

Vendredi dernier, sur l’île de Thau, l’association Galapians rencontrait les élèves de CM1-CM2 de l’école Anatole France. Serge, leur instituteur, m’avait accepté dans la classe, en observateur. Les élèves avaient enquêté sur les hippocampes de l’étang et préparé des questions. Michel Cantou, plongeur scientifique de l’Université de Montpellier 2 et auteur d’un livre sur l’apnée, a répondu à leurs questions.

Les enfants m’ont impressionée par leur concentration. Ils ont même oublié la récré ! Leurs questions venaient d’enquêtes qu’ils avaient réalisées seuls ou en équipe dans les mas conchylicoles de la plagette, à la criée ou sur internet.

Grâce à eux, j’ai appris des tonnes de choses.

  1. Deux espèces d’hippocampes vivent dans l’étang : les hippocampes mouchetés au museau court et les hippocampes au museau long.
  2. L’hippocampe est doté d’atouts incomparables pour se protéger de prédateurs et, du coup, n’en a pas vraiment d’attitrés, à part l’homme. Pour se protéger, il prend la couleur du fond marin qu’il habite. Surtout constitué de plaques osseuses, il n’est pas très savoureux. Avec sa queue, il peut s’accrocher aux parois tubulaires des vers qui habitent dans le sable. Si les courants le plaquent au sol, on ne le voit pas car il prend la couleur du sable.
  3. Le male porte les œufs dans une poche ventrale.
  4. Il supporte bien les différences de teneur en sel dans l’eau, d’où sa présence dans l’étang dont la salinité varie rapidement en fonction du temps.

Au fur et à mesure des réponses du chercheur et d’Aura Penloup, directrice des Galapians, le tableau se couvrait de nouveaux mots pour moi : apogon, syngnathe, otolithes, homochromie, homotypie… C’était plus qu’un exercice de français : les enfants découvraient l’approche scientifique, les pièges de l’anthropomorphisme, les limites de nos connaissances actuelles tout en se sensibilisant à un environnement fragile.

Bravo !

Prochaines étapes : lors d’une initiation à la plongée début juin, avec Cathy Serval de l’association Odyssée Sète, les enfants découvriront le lieu de vie des hippocampes, puis ils partageront leurs découvertes avec d’autres classes autour de l’étang. J’ai maintenant envie d’en savoir plus et je contacterai Patrick Louisy, le directeur scientifique de l’association initiatrice du projet hippo-thau.