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Quel avenir pour nos territoires ?

Vendredi soir, 20h30 à la MJC de Poussan, je répondrai à l’invitation de la Ligue des Droits de l’Homme.

Au programme du débat :
Quel avenir pour nos territoires de vie ?
Depuis plusieurs années, la Ligue des Droits de l’Homme appelle à la vigilance citoyenne pour le respect du droit à un environnement sain, pour que les choix politiques s’imposent sur la raison économique et ne soient pas le fait uniquement des élus.
Sur le territoire du nord du bassin de Thau, deux projets ouvrent le débat sur cette thématique :

  1. Le projet national d’exploitation du gaz de schiste causant une dégradation environnementale incommensurable est depuis plusieurs mois au centre de nombreux débats. Les départements de l’Aveyron, du Gard, de la Lozère et de l’Hérault sont concernés par le permis de Nant. Celui-ci s’étend jusqu’à certaines de nos communes.
  2. A Poussan, la création sur plus de 100 hectares d’un Hinterland, base arrière du port de Sète servirait de plate forme logistique, de lieux de stockage aux importateurs et exportateurs. La commune de Poussan a déjà émis un accord de principe pour la cession des parcelles. Pourtant, de plus en plus de personnes émettent de grandes réserves sur ce choix qui ne semble pas être compatible avec la notion de développement durable, dont la prise en compte est essentielle pour notre avenir.

De l’étang à nos assiettes

Émilie Varraud dirige le CPIE Bassin de Thau depuis plus de deux ans. Elle nous présente son initiative “Panier poisson coquillage” : l’idée est de rapprocher les consommateurs (vous, moi, nous tous autour de l’étang ) des ostréiculteurs et pêcheurs de la lagune.

Aujourd’hui pour manger des coquillages qui viennent de l’étang, c’est assez facile – les ostréiculteurs sont présents en vente directe un peu partout. Mais pour le poisson… J’avoue que je l’achète en supermarché – il vient alors de l’Atlantique, ou d’ailleurs, mais jamais de l’étang de Thau…

C’est pour remédier à ce problème qu’Émilie travaille à élargir à 7 communes du bassin de Thau son initiative Panier Poisson Coquillage, en se basant sur le succès qu’elle rencontre à Montbazin.


Panier Poissons Coquillages : Emilie Varraud… par roquerols

Le PPRI du pays de Thau

Je n’ai pas fait de faute. Le PPRI n’a rien a voir avec le prix. Il s’agit du Plan de Prévention des Risques Inondation. C’est dans les PPRI que l’on trouve le classement des différentes zones urbaines en zones à risque en cas de tempête centenniale – la tempête de 1997 qui a marqué les esprits a duré deux jours : une houle de 7 m de hauteur a été enregistrée en mer. En 2004, des vents d’Est ont dépassé les 100 km/h en rafales (115 km/h à Sète en 2004 contre 133 km/h en 1997, à Sète).

Le risque inondation touche aujourd’hui près d’une commune française sur trois (dont 300 grandes agglomérations). On estime que, sur l’ensemble du réseau hydrographique (160 000 km de cours d’eau), environ 22 000 km² de surfaces sont reconnues comme particulièrement inondables (soit 4 % du territoire national).
Actuellement, deux millions d’individus résident dans ces secteurs sensibles, soit près de 10 % de la population nationale. Les inondations sont en France, le phénomène naturel le plus préjudiciable avec environ 80 % du coût des dommages imputables aux risques naturels, soit en moyenne 250 millions d’euros par an.
Une récente enquête menée en Languedoc-Roussillon chiffre à 600 000 le nombre de personnes vivant de manière permanente en zone inondable. (Extrait du projet de PPRi pour Gigean, Montbasin, Poussan et Villeveyrac. Toutes les autres citations de cet articles proviennent de ce document)

Pourqui c’est important ? Pour ceux qui autour de l’étang sont propriétaires de leur habitation et ceux qui envisagent de le devenir :

Une fois approuvé et publié, le PPR vaut servitude d’utilité publique. Dans les communes disposant d’un PLU, cette servitude doit y être annexée dans un délai de trois mois. Toutes les mesures réglementaires définies par le PPR doivent être respectées. Ces dernières s’imposent à toutes constructions, installations et activités existantes ou nouvelles.
Les biens et activités existants antérieurement à la publication de ce plan de prévention des risques naturels continuent de bénéficier du régime général de garantie prévu par la loi.
Pour les biens et activités créés postérieurement à sa publication, le respect des dispositions du PPR conditionne la possibilité, pour l’assuré, de bénéficier de la réparation des dommages matériels directement occasionnés par l’intensité anormale d’un agent naturel, sous réserve que soit constaté par arrêté interministériel l’état de catastrophe naturelle.

La première réunion d’information sur le PPRI de Sète a eu lieu mardi 22 février. Celle de Frontignan s’est déroulée le 24 février. Voici les prochaines :

  • Pour Marseillan, Pinet, Pomerols : ce soir mardi 14 mars, à Marseillan à 18h00, salle Paul Arnaud, avenue Victor Hugo.
  • Pour Mèze, Balaruc-les-Bains, Balaruc-le-Vieux, Bouzigues, Loupian : mercredi 16 mars 2011 à Mèze à 18h30, foyer municipal, rue Sadi Carnot.
  • Pour Gigean, Montbazin, Poussan, Villeveyrac : vendredi 18 mars 2011 à Poussan à 18h00, foyer des Campagnes, Promenade du 8 Mai 1945
  • Pour Mireval et Vic-la-Guardiole : mardi 22 mars 2011 à Vic-la-Gardiole à 19h00, salle des fêtes de l’Hôtel de ville

Les enquêtes publiques se dérouleront du 04 avril au 06 mai 2011 : on devrait pouvoir consulter les projets de PPRi et s’exprimer sur les registres tenus en mairies.

Oh ! Cousins ! Des batobus pour se voir plus ?

Thau Agglo lance une étude pour la mise en place de navettes sur l’étang et sur les canaux.

Autant l’union des communautés de communes n’est toujours pas une évidence – qui se souvient de la pub de juin 2008, ci-dessous ? - autant cette idée de navette est une évidence qui me parle.

Pour moi c’est tout vu, c’est OUI, tout de suite, là, maintenant !

1. pour recommencer à aller manger des brochettes à Sète en été,
2. pour arriver à l’heure aux rendez-vous,
3. pour profiter encore plus de l’étang,
4. pour faire marner les lyonnais,
5. pour monter dessus avec mon vélo et profiter de la piste cyclable du Lido,
6. pour épater les copains parisiens quand ils débarquent du train à Sète,
7. pour aller plus rapidement refaire mon stock de Noilly Pratt ambré à Marseillan,
8. pour manger un plateau d’huitres à Bouzigues sans perdre de temps à trouver une place de parking,
9. parce que La Rochelle, Nantes, Lorient, Paris l’ont fait et que ça marche,
10. parce que tout le monde autour de l’étang n’attend que ça : se rencontrer plus facilement. On est cousins ou quoi ?

Je n’ai que deux petites requêtes : Pierre, s’il te plait,
1. des bâteaux électriques, comme à La Rochelle, pour ne pas faire peur aux dorades !
2. un partenariat avec la CCNBT, pour faire de ce projet de navettes un projet à l’échelle de l’étang, pas juste de sa moitié sud-est …

Une jolie carte pour un sale problème

Le site de l’IFREMER propose une jolie carte interactive qui simule la propagation des apports en bactéries d’origine fécale dans l’étang de Thau, en cas de fortes pluies. Pour y accéder : cliquez sur la carte ci-dessous, puis utilisez le lecteur média incorporé pour l’animer.

La crise que viennent de traverser les ostréiculteurs de l’étang a été provoquée par une épidémie de gastro en décembre combinée à de fortes pluies qui ont lessivé les sols et fait déborder les bassins de lagunage. Les virus responsables de nos gastros se sont retrouvés dans l’étang. Le coquillage est un magnifique filtre, il mange de tout. Y compris les virus. Consommer un coquillage malade de la gastro vous donnait la gastro si vous ne l’aviez pas déjà. Donc, fermeture de l’étang, interdiction de consommer ses coquillages jusqu’à disparition du virus.

Cette carte m’inspire plus de questions que de réponses :
1. Faut-il complètement proscrire les rejets de matières fécales dans l’étang à l’embouchure de la Vène, au Sesquier, au Pallas, à la Pointe-Courte ? Ou bien est-ce que ces matières fécales font partie des aliments dont les coquillages ont besoin ? Si on supprime ces apports, sait-on si l’étang s’appauvrit considérablement ?
2. Si la volonté politique est de supprimer toute possibilité de contamination virale possible via les rejets de nos WC : quelles sont les solutions possibles ? Peut-on retraiter les eaux pluviales localement et les rejeter propres, sans virus, dans l’étang, pour maintenir le niveau d’apport en eau douce ?
3. Que se passe-t-il à la Pointe Courte ? Il n’y a la bas aucune station de lagunage… ce quartier n’est donc pas relié aux égouts de Sète ? A moins que les apports en matière fécale ne viennent pas de la Pointe Courte, mais d’une usine de la ZA d’à côté ?
4. Les rejets des lagunages semblent un faux problème : les concentrations en bactérie les plus fortes ne sont pas situées là où les lagunages se déversent dans l’étang en cas de forte pluie. Quel est le vrai problème alors ?