Monthly Archives: July 2008

Montée des eaux


C’est l’été, qu’est-ce que je fais devant mon ordi ? J’ai trouvé un nouveau joujou : le simulateur de montée des eaux de Science et Vie Micro. Vous zoomez sur la partie du monde qui vous intéresse, vous choisissez le niveau moyen de montée des eaux, entre zéro et quatorze mètres, et les zones inondées s’affichent en bleu. Le tout est basé sur les photos satellites de Google Maps, ce qui vous permet de savoir précisément à quel niveau votre maison peut être touchée.

Faut-il s’affoler ? Il y a d’une part la montée des eaux qui semble inexorable, puisqu’elle a déjà commencé. La tempête centennale peut aussi avoir un effet montée des eaux fort sur une durée courte. Elle a statistiquement 65% de chance de se produire une fois en 100 ans.  

La DDE note des tempêtes “marquantes” en 1982, 1997, 1999 et 2003 à Mèze mais ne mentionne pas l’impact sur le niveau des eaux de l’étang.

L’observatoire du SMBT propose ses propres simulation d’une montée des eaux de 2 mètres autour du bassin de Thau. Dans la cartothèque : cliquez sur la ville de votre choix en bas de page, dans la rubrique “submersion marine”.

Je suis plutôt sereine : même si la zone artisanale où j’habite est classée terrain inondable depuis janvier 2006, personne n’y a jamais vu une inondation, contrairement au centre ville de Balaruc les Bains.

Ça peut frapper les mentalités, cet aspect un peu morbide de voir son littoral immergé. J’aimerais surtout que cela motive ses habitants pour qu’une nouvelle façon de vivre soit inventée là où le risque de tout perdre est le plus grand.

Deux ans à risque

Je suis inquiète. Il faut que j’attende encore deux ans le SCOT et son volet maritime. Le SCOT sera primordial. Il protégera les côtes de l’étang de Thau des appétits immobiliers. Il planifiera les investissements en assainissement, transports, zones artisanales, tout en veillant à la bonne qualité de l’eau pour le maintien de la conchyliculture et de la pêche.

Si j’attends le SCOT avec autant d’impatience, c’est qu’il protégera l’étang mieux que le SMVM. Il couvre toutes les communes du bassin versant, au-delà de la bande côtière de l’étang. Il inclut donc Villeveyrac, Gigean, Montbazin.  De toutes façons, le préfet a annoncé la mort du SMVM lors du comité de lagune du 25 juin.

Pendant deux ans, je m’attends à ce que nos élus ouvrent de multiples brèches au SMVM pour influencer le contenu du SCOT en leur faveur. Si je me trompe, tant mieux pour l’étang !

Midi Libre laxiste comme d’hab

En lisant Le projet de ZAC met le feu au conseil municipal paru dans le Midi Libre du 23 juillet, je me suis énervée. J’ai cru que les élus bouziguots piétinaient les principes élémentaires de précaution en décidant d’implanter une ZAC le long du ruisseau du Joncas, ruisseau qui peut déborder lors des fortes pluies.

Jean-Pierre Souche, le journaliste du Midi Libre fait dire à Olivier Archimbeau, responsable de l’urbanisme, « Si nous n’agissions pas nous perdions cette zone. » Voici les mots qui m’ont mis hors de moi. Je me suis précipitée sur mon clavier pour écrire un coup de gueule.

Où sont les élus courageux ? Où sont les élus qui acceptent de “perdre” une zone constructible à proximité de l’étang ? Où sont les élus qui jouent le long terme ? Dire oui aux pavillons en zone inondable, c’est faire passer le béton avant le bon sens. Comment est-ce encore possible aujourd’hui ? Jusqu’où vont-ils aller ? Rendront-ils constructible les tables d’ostréiculture au large de Bouzigues ? Si au moins ils lançaient des projets innovant de construction en milieu inondable : des maisons sur pilotis ou je ne sais quoi… ce serait une expérience utile si le niveau moyen des eaux monte comme de nombreux scientifiques du GIEC le prévoient.

Je me suis alors sentie très proche des sept élus de l’opposition qui ont quitté le conseil municipal. J’avais presque envie de leur dresser une statue. Mais je n’ai pas publié immédiatement ce texte. Bien m’en a pris. J’ai croisé une élue de Bouzigues qui m’a donné un autre éclairage sur l’évènement.

Un des sept élus frondeurs est propriétaire d’une partie de la future ZAC. Il n’en veut pas, non parce qu’elle est inondable, mais parce qu’il préfèrerait céder ses terrains à un promoteur à un prix bien plus élevé. En effet, implanter une ZAC implique de ménager de nombreuses voiries, peut-être des espaces verts et d’autres installations qui réduisent la surface constructible, donc le prix au mètre carré.

Mes héros ne s’étaient pas préoccupés de l’environnement mais de leur seul porte-monnaie. En ne me donnant pas cette information, Midi Libre m’a trompé. Il ne m’a surtout pas expliqué le rôle exact de la DDE qui est d’aider la municiopalité à développer cette ZAC tout en tenant compte des risques d’innondation.

Reste qu’encore une fois nous allons nous retrouver avec de nouvelles surfaces bétonnées au bord de l’étang.

Un éléphant accouche souvent d’une souris

J’ai vu hier la nouvelle plaquette pour sensibiliser les plaisanciers de l’étang. Pas mal, peut mieux faire, mais quel résultat insignifiant par rapport aux forces mobilisées : toutes les communes de l’étang via le SMBT, les associations de plaisanciers, les conchyliculteurs, les pêcheurs, le Conseil Général.

Ce n’est pas avec des plaquettes qu’on fait changer les mentalités.

Au cours mes longues années dans le marketing, j’ai appris qu’il faut toujours commencer par frapper les esprits. Il faut des call to action. Qu’attendons-nous de vous plaisanciers ? Si vous êtes réglo super, la plaquette est pour vous qui êtes déjà convaincus. Vous savez maintenant où vider votre cuve à eaux grises ou noires. Si vous êtes un peu cracra, vous pouvez continuez à l’être… C’est là que ça ne va pas. Où est le call to action pour vous les cracra ?

Pour que les choses changent, il faut trouver un moyen de vous faire bouger. J’en vois un pas très fin : les amendes. Tous les bateaux qui ont des sanitaires qui se rejettent dans l’étang pourraient être interdits, tout au moins ils ne pourraient être habités comme de nombreux le sont à Port Suttel à Balaruc ou dans les canaux de Sète.

Maintenant, pour en revenir à la plaquette, il ne sert à rien de lancer une opération de communication si on est incapable de mesurer son effet. Il faut mesurer la situation avant l’opération, combien de plaisanciers polluent, puis mesurer la situation après, combien de plaisanciers polluent encore. Personne n’a évoqué cette mesure lors de la conférence.

J’en déduis qu’on cherche à se faire plaisir, ou à rassurer les conchyliculteurs, plus qu’à obtenir des résultats.

Écolos en vacances


Les touristes sont sans doute sans reproche chez eux, surtout s’ils sont du nord de l’Europe : tri sélectif des ordures, utilisation de détergents bio, économie de l’eau potable, récupération de leur eau de pluie… Tout ça leur vient plus naturellement qu’à nous, paraît-il.

Comment s’assurer qu’ils conservent leurs réflexes lors de leur passage chez nous ? L’Association Voile de Neptune y travaille depuis 2006. Le SMBT présentait aujourd’hui une opération de sensibilisation à l’environnement spécifique pour les plaisanciers.  

Jean-Louis Higounet, François Commeinhes, Christophe Morgo présentent la plaquette de sensibilisation (5 minutes)