Je vais bien, mon bébé aussi

Je voudrais dissiper un malentendu. Dimanche 29 avril 2007, La Marseillaise a reproduit le témoignage d’une certaine Isabelle, enceinte de 8 mois vivant près de la zone de Balaruc les Bains polluée aux hydrocarbures.

J’ai failli perdre mon bébé, début mars. Ça a commencé par des maux de tête, des insomnies et une nuit j’ai eu des contractions, très longues et très violentes. J’ai dû appeler le médecin. Après quelques semaines d’accalmie, les odeurs nocturnes ont repris. Je ne sais plus quoi faire, je pense à déménager. Je refuse que mon bébé respire cet air toxique.

J’ai bien été interviewée par Emmanuelle Stange. Mais je ne me reconnais pas dans les propos retranscrits. Je voudrais rappeler maintenant les faits :

  1. En février, les travaux d’installation des nouvelles canalisations des eaux usées entre Balaruc et Sète ont rencontré la nappe de pétrole.
  2. Le 26 février la nappe s’est en partie déversée dans l’étang de Thau et la nuit les odeurs d’hydrocarbure ont été très fortes.
  3. Le 28 février, je suis allée prendre des photos sur place.
  4. Le lendemain, j’y suis retournée lors de la pose du barrage par les pompiers. J’ai alors ressenti des vertiges et des maux de tête, peut-être dus à l’inhalation des hydrocarbures. J’ai fait cette hypothèse car je n’ai jamais eu de troubles semblables durant ma grossesse.
  5. Au cours de la nuit du vendredi 2 mars au samedi 3 mars, j’ai eu des contractions très douloureuses, les premières de la grossesse. Je n’avais rien ressenti de tel lors de ma première grossesse et j’ai alors appelé le médecin de garde. Il m’a examinée sans rien trouver d’anormal.
  6. Depuis, j’évite de retourner sur les lieux de la pollution lorsque les odeurs d’hydrocarbure sont très fortes, ce qui ne m’empêche pas de les ressentir parfois à la maison (assez éloignée toutefois).
  7. Je n’ai plus eu de contractions douloureuses.
  8. J’ai raconté cette mésaventure à la journaliste de La Marseillaise mais je ne lui ai pas dit avoir manqué perdre mon bébé.
  9. Après ces évènements de mars, j’ai d’ailleurs consulté mon gynécologue qui m’a rassuré, mon bébé va très bien et l’accouchement est toujours prévu pour le 25 mai.
  10. Je sais que, quand je parle de cette histoire, mon anxiété transparait. Mettez-vous à ma place, ce n’est pas facile d’attendre un enfant près d’une source de produits cancérigènes.
  11. Si après mon accouchement, les émanations d’hydrocarbures arrivent jusqu’à la maison, nous irons habiter quelque temps ailleurs.

Mais je le répète, en aucun cas, je n’ai manqué perdre mon bébé. Je ne voudrais pas que mon témoignage soit déformé car il discrédite le travail objectif et factuel entrepris par l’association Vigilance Dépollution.

9 thoughts on “Je vais bien, mon bébé aussi

  1. Anonymous

    Le problème est très complexe, et difficile, à plus d’un titre. Les journalistes, comme la plus part d’entre nous, n’ont pas obligatoirement l’expertise nécessaire pour aborder et comprendre tous les aspects d’un problème de santé publique et d’environnement aussi grave.

    Ceux qui auraient du assurer cette expertise, et protéger les intérêts de notre ville et la santé de ses habitants, ne paraissent pas s’en être souciés lorsque la décision de dépollution a été prise.

    Balaruc est pourtant la troisième ville thermale de France ; des nombreuses familles habitent les quartiers riverains du site ; trois établissements, fréquentés par des nombreux enfants, sont à proximité ; des canalisations non étanches aux hydrocarbures se trouvent tout au tour ; des études exhaustives ont été réalisées avant le chantier de dépollution, et ont clairement établi les quantités et la dangérosité des polluants, ainsi que les risques de transfert.

    Des mesures de précaution rigureuses auraient du être mises en place. Rien n’a été fait, et ce malgré un large éventail des lois en vigueur qui les imposent.

    Et maintenant que le mal a été fait, ces personnes essaient par tous les moyens d’occulter la gravité, voir, l’existance même du problème, abandonnant les riverains intoxiqués à leur sort, et ignorant une grave pollution qui nuit à Balaruc, et qui ne va pas se résoudre toute seule.

  2. Association Vigilance Dépollution

    Le commentaire précédent a été fait par l’associacion vigilance dépollution.
    Nous avons manqué un “click” de souris, désolés!

  3. Alain

    Bonjour

    Moi ce qui m’inquiéte c’est SCORI qui traite des déchets dangereux dans l’ancienne cimenterie Lafarge route de SETE.

    Personne parle de cette usine pourtant ??? Peut être respecte t’elle les critères de qualité ? Sans Doute.

    Cordailement Alain

  4. Isabelle Crouzet

    Vous n’êtes pas seuls à vous poser des question – c’est un sujet qui me tient à coeur aussi. Je cherche à rencontrer les responsables de l’usine pour qu’ils nous informent, contactez moi par mail (isacrouzet @ hotmail.fr) si vous connaissez quelqu’un ?

  5. assie stephane

    d’apres la personne qui surveille le site pollué les odeurs sont dus à la decomposition des boues et non à une odeur d’hydrocarbure mais cela entraine depuis vendredi des valeurs de 3.2 ppm concernant le H2S quand on connait les problemes rencontres entre 0.2 ppm et 1 ppm on se demande ce qu’il faut pour qu’une solution soit trouvee ( peut etre que l’on atteigne le seuil irreversible de 15ppm ???)

  6. Association Vigilance Dépollution

    Effectivement, des mesures devrait être prises pour enrayer ces émanations toxiques, qui vous empoisonent dépuis trois ans ; c’est la première responsabilité des autorités de protéger la santé publique. L’intoxication publique qui a accompagnée et suivi le chantier de dépollution n’est pourtant aucunnement reconnue.

    Nos actions en justice sont appuyées par des analyses complètes de différents organismes, des données toxicologiques du Centre Antipoison de Marseille et de l’INERIS, des nombreux certificats médicaux et questionnaires santé (117 personnes). Elles cherchent a établir les responsabilités de ces intoxications, et à imposer les corrections necéssaires dictées par la loi, mais aussi par simple solidarité humaine.

    D’autre part, nous avons analysé les eaux de la resurgence. Elle contient des hydrocarbures volatiles (des dérivés du benzène), et elle est apparue, en plus, chargée de lourds à plusieures reprises.

    Des analyses d’air dégagé du terrain, effectuées par la SITA en Février 2005 (cinq mois après arrêt des travaux), montrent la présence de plus d’une vingtaine de composés organiques volatiles (avec notament des abondants dérivés soufrés), toxiques, cancérigènes, et malodorants, et ce, dans quatre points sur le site. Les concentrations dépassent largement les teneurs recommendées en France (10 fois la norme pour le benzène par exemple).

    Les sites pétroliers sont, par ailleurs, connus pour être associés à la production de H2S.

    La décomposition avait lieu aussi avant le chantier de dépollution. Mais, aparament, vous avez senti des odeurs pareilles et été malades que depuis le chantier. Il y a une rélation cause-effet évidente, que les responsables veulent occulter pour se protéger.

  7. tenret christophe

    je prend le train en marche ; tout ça c’est bien beau et super pour ceux qui habitent dans la ZAE ainsi que le lotisssement les mouettes les canalisations seront changées en espérant pour eux que le problème sera réglé ,ce auquel je doute mais bon…
    et nous alors ,route de sète et avenue de la gare , que fait on ,on a qu’a nous laisser crever quoi…
    en ce qui me concerne , j’ai pratiquement été le seul à réagir sur la route de sète alors que mon voisin MR ………….. pour ne pas le citer , était venu un jour avec une bouteille d’eau tirée 5 mns avant dans laquelle flottait des galettes d’hydrocarbure .j’ai eu appelé au numéro vert , quelqu’un s’est déplacé chez nous ,je dirai presque par pitié comme à un enfant à qui on promet un bonbon et après …on le laisse choir; j’ai constaté comme beaucoup de personnes des odeurs dans le robinet
    à certaines périodes ,seulement comme à ce jour on ne peut pas prouver officiellement que pollution il y a, eh bien voilà ou nous en sommes ; abandonnés comme pour le reste dailleurs à savoir les problemes de circulations sur notre voie , mais ça ,c’est une autre histoire.
    je pense fortement que la municipalité de balaruc se préoccupe pas de certains dossiers non pas par soucis d’argent ,mais par désinterressement total…
    en attendant nous payons des impots qui servent à quoi ? si ce n’est pour résoudrent ces problêmes divers.
    j’ai fait poser un filtre sur mon arrivée d’eau ,et j’attend de voir les réultats d’analyses que je ferai faire par le labo qui travaille en coordination avec l’association “vigilance-dépollution”, si toute fois il s’avère que mon eau est contaminée, je ferai ce qu’il faut pour que chaque responsables, prennent ses responsabilités et mettrai l’affaire dans les mains d’un tribunal pour demander réparations .
    trop longtemps tout le monde s’est renvoyé la balle , eh bien maintenant il va falloir que chacun s’assume. En espérant bien sur que les analyses démontrent le contraire.

  8. Isabelle Crouzet

    Christophe, les canalisations d’eau sont changées aux Mouettes et dans la ZAE, mais je pense comme vous : des infiltrations d’hydrocarbure peuvent se produire ailleurs, notamment route de Sète le long du terrain, et avenue de la gare. Nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle contamination malgré les nouveaux tuyaux. Nous ne savons pas l’étendue de la pollution de la nappe, et nous ne savons pas non plus où exactement elle baigne les tuyaux. Le rapport BRGM d’avril 2005 avait conclu à l’impossibilité de la contamination des canalisations d’eau sur la majeure partie des points de sondage dans la zone, et pourtant la pollution a bien eu lieu.
    Dans le scénario le plus noir (non prouvé), la pollution de la nappe dépasse les abords du terrain des Raffineries, et c’est l’ensemble des tuyaux entre le réservoir de Frontignan et Balaruc qu’il faudrait changer.
    Je crois que la seule solution pour avancer, c’est les tests que vous êtes en train de faire (et qui avaient aussi été fait pour la ZAE et les Mouettes). Merci de nous tenir au courant des résultats !

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