Boire de l’eau – que disent les tests?

J’ai un peu de temps en ce moment à consacrer à mes problèmes de robinet. J’espère ne pas avoir à regretter de m’y intéresser si tardivement, plus de deux ans après les premiers signes de pollution. Écrire ici me force à comprendre toutes les facettes du problème.

Je me suis plongée dans les différents tests réalisés sur l’eau et l’air de la zone artisanale maritime où j’habite, en bordure d’étang de Thau.

Il y a deux types de pollutions recensées : la pollution de l’air et celle de l’eau potable. Les pollutions proviennent de deux groupes de polluants : les hydrocarbures et les métaux lourds.

Les tests ont été réalisés à la demande de la Mairie de Balaruc les Bains, à la demande des Raffineries du Midi, de la SITA, de la CGE/Veolia Eau, ou à la demande de l’Association Vigilance Dépollution. Les prélèvements d’eau pour les tests ont presque tous été effectués au numéro 11 de la zone artisanale, maison en fin de boucle du réseau d’eau.

Un seul test a été effectué sur les rejets d’eau d’un filtre à coton en proximité de zone (rue des Mouettes). Ce test sur filtre est important parce que c’est le seul qui nous donne une indication de la pollution de l’eau par les métaux lourds. Malheureusement, comme c’est un protocole de test non reconnu par l’État, ni la Mairie, ni la DRIRE, ni la DDASS n’en ont tenu compte.

Qu’est-ce que ça donne ?

  1. Hydrocarbures dans l’eau Les tests sur les hydrocarbures totaux présents dans l’eau potable sont inquiétants. En 2004 et 2005, sur les 6 différents tests par prélèvement effectués, les résultats sont 14 à 55 fois supérieurs à la norme, norme supprimée en décembre 2003 pour des raisons que j’ignore. Le seul test de détection de benzène – hydrocarbure hautement cancérigène – a été effectué à la demande des Raffineries du Midi. Dans ce test, le Benzène était présent 11 fois plus que la norme maximale. Ce test a été invalidé 6 semaines après publication des résultats pour cause d’erreur de manipulation des éprouvettes. Peut-on le croire ?
  2. Métaux lourds dans l’eau Dans les rejets du filtre à coton de la rue des Mouettes, zinc et plomb sont présents dans des quantités inquiétantes : le zinc dépasse 52 fois la norme, le plomb 29 fois. L’arsenic est pile sur la norme maximale autorisée, le cuivre est en dépassement de 1,4 fois. Cadmium, chrome et nickel sont présents dans des concentrations inférieures aux normes.
  3. Hydrocarbures dans l’air Je n’ai pas connaissance de tests effectués pendant les travaux de dépollution, c’est-à-dire entre le 20 août et le 2 octobre 2004. Les 7 et 19 octobre 2004, la SITA a placé des capteurs pour mesurer la teneur en benzène dans l’air au dessus du terrain des Raffineries du Midi. Ces tests on eu lieu 5 jours, puis 17 jours, après le bâchage de la masse de terre polluée remuée par les travaux de dépollution – à un moment ou les nuisances olfactives avaient déjà diminué fortement. Les résultats du 7 octobre ne sont pas bons : 118 microg/m3 de benzène dans l’air, à comparer avec une norme maximale fournie par le Ministère de l’Ecologie et du développement durable, de 2 microg/m3. Le 19 octobre, retour à la normale, avec 0,2 microg/m3. Quatre mois plus tard, le 22 février 2005, à la demande des Raffineries du Midi, l’APAVE a réalisé des prélèvements par capteur lors d’un chantier test, de 4 m2 seulement. L’APAVE a relevé un dépassement de la concentration dans l’air de benzène et d’une autre substance dangereuse, pouvant provoquer des suffocations allant jusqu’à l’asphyxie : de l’Ethanethiol. Sur ce chantier pilote, la concentration de benzène dans l’air a dépassé 6 fois la norme en 4 heures. La concentration d’Ethanethiol a dépasse 4 fois la norme en 80 minutes.
  4. Métaux lourds dans l’air Pas de tests disponibles. La couche de terre qui contient des métaux lourds est la couche la plus superficielle du terrain des Raffineries du Midi. Les métaux lourds pourraient donc être présents dans l’air sous forme de poussières. Je n’ai pas encore dépilé la masse de données collectées par l’Association Vigilance Dépollution, mais il semble que nous n’avons aucun moyen de savoir si oui ou non il y a pollution de l’air que nous respirons par des métaux lourds.

Je ne sais quoi penser ! Si ce n’est :

  1. il y a eu pollution de l’air et de l’eau au moment des travaux, il y a deux ans.
  2. l’eau était encore polluée aux hydrocarbures lors des derniers tests de juillet 2005.

J’attends les résultats des derniers tests de l’eau demandés par l’Association Vigilance Dépollution. Ils incluent un test de présence de benzène…

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