Vivre en pays de Thau : boire de l’eau

Depuis deux ans, je ne bois plus l’eau du robinet et je cuisine à l’eau de source. Grâce à la mairie de Balaruc les Bains, cela ne me coûte pas plus que mon abonnement à Veolia, et que mes impôts locaux, que je continue à payer tous les deux. Je vais chercher mes packs d’eau aux services techniques de la mairie quand mes stocks s’épuisent et puis c’est tout.

Que se passe-t-il ? Depuis deux ans, les habitants de la Zone Artisanale de Balaruc les Bains soupçonnent que leur réseau d’eau est perméable aux hydrocarbures présents dans la nappe phréatique polluée du terrain des Raffineries du Midi, situé en bordure de Zone Artisanale.

Les Raffineries du Midi ont occupé et exploité ce terrain pendant une centaine d’années, jusque 1993. A l’époque, l’écologie n’était pas encore un souci. Du pétrole a souvent été rejeté, pénétrant le sol, où il est stocké sous forme de poches, retenues par une couche de terre argileuse. Les Raffineries du Midi sont toujours propriétaires du terrain. Elles font partie du groupe Total.

Pourquoi ces soupçons de pollution de l’eau potable ? En septembre 2004, la DRIRE, la DDASS, les Raffineries du Midi et la mairie ont entrepris des travaux de dépollution du terrain. Ces travaux ont généré une forte gêne olfactive, allant jusqu’à des malaises chez plusieurs habitants du voisinage. Une poche de pétrole a été percée et le pétrole s’est propagé en sous-sol, venant baigner les canalisations PVC d’eau potable de la zone artisanale et peut-être aussi d’une partie de Balaruc.

Au contact des hydrocarbures, le PVC se dégrade. Il devient spongieux et perméable, laisse alors passer les produits toxiques. Les habitants du voisinage ont depuis sentit des odeurs suspectes à l’ouverture des robinets, dans des cas météorologiques particuliers (par exemple, un niveau élevé de l’eau de l’étang de Thau, et un vent venant de la mer).

Plus le temps passe – deux ans déjà depuis la première pollution – plus je doute : l’eau « potable » contient-elle du benzène ou pas ? Si oui, même les douches et bains sont potentiellement dangereux : le benzène est cancérigène à faible dose. Jusqu’où la pollution s’étend-elle ? Le problème de la zone est-il restreint ou tout Balaruc est-il affecté ? Une chose est sûre, nous sommes face à un problème de santé publique potentiel, connu depuis deux ans, qui est loin d’être réglé.

En attendant, comme beaucoup d’habitants de la zone, je cotise à l’association Vigilance Dépollution qui, en deux ans, a entrepris un travail de veille et de coordination des informations avec la mairie.

2 thoughts on “Vivre en pays de Thau : boire de l’eau

  1. laurent guyon

    je cherche un exemple de communication que fait véolia sur le prix de l’eau….avez vous ça en musette ou savez vous où je peux en avoir une copie?

    merci à vous

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